1941-1942
L’unique journal re´dige´ au sein me^me d’un camp franc¸ais ; un te´moignage lucide et plein d’humour Trois humbles cahiers d’e´colier, couverts d’une e´criture limpide, quasiment sans ratures. Ainsi se pre´sente le journal de Pierre Rigaud, conserve´ aujourd’hui au Muse´e de la Re´sistance Nationale. Un tre´sor : les e´crits d’un otage fusille´ le 7 mars 1942 pre`s de Compie`gne, un homme parmi les 800 exe´cute´s comme tels par les Allemands en France. Si nombre des fusille´s ont e´crit une dernie`re lettre face a` la mort, aucun n’a re´dige´ un tel document. Jour apre`s jour, ces 262 pages manuscrites relatent 209 jours d’internement au camp de Choisel a` Cha^teaubriant. Il s’agit pour Rigaud de garder trace, pour lui-me^me et pour l’avenir. On y lira, te´moignage o^ combien pre´cieux, menus et grands e´ve´nements de la vie quotidienne, quelques rares informations venues de l’exte´rieur, des re´actions a` chaud, sans de´formation par les souvenirs plus ou moins lointains comme c’est le cas des me´moires re´dige´s parfois des dizaines d’anne´es plus tard. Le plus souvent des faits. Les commentaires ge´ne´raux sont rares, toujours oriente´s par l’utilite´ collective. Aucun apitoiement sur lui-me^me. Beaucoup d’ironie et une perspicacite´ rare.Introduit et annote´, le texte est comple´te´ par diverses lettres et te´moignages ainsi que par une galerie de portraits de personnages cite´s.