Toute une tradition sociologique de Georg Simmel à Richard Sennett, en passant par Robert Park, a insisté sur la vertu libératrice de la grande ville peuplée d’individus, où se retrouverait le triptyque modernité, anonymat et cosmopolitisme. Ce recueil offre ainsi une large variété d’exemples de la manière dont les pratiques d’anonymat configurent la vie sociale dans les villes et contribuent à créer des espaces de sociabilité où se conjuguent pratiques ludiques et transgressives, négociations des rapports de genre et jeux d’identification. Il propose un premier état comparatif des régimes de visibilité et d’invisibilité en ville, qui nourrira pour longtemps la réflexion sur les liens entre sociétés urbaines et processus de subjectivation.