Les textes essentiels sur la musique de Vladimir Jankélévitch réunis pour la première fois en un volume. Vladimir Jankélévitch a toujours intimement mêlé philosophie et musique. Moins musicologue que musicien, il vivait littéralement dans la musique qui était pour lui l'équivalent de la morale : " Il y a dans la musique une double complication, génératrice de problèmes métaphysiques et de problèmes moraux, et bien faite pour entretenir notre perplexité ", considérait-il. Son rapport à la musique ne passait pas par le biais des disques mais directement de la partition – il possédait près de 2 000 partitions, dont des pépites, qu'il utilisait régulièrement – à son piano, car il était excellent pianiste. Écouter, jouer la musique, c'est aussi pour Jankélévitch articuler l'expression de sa philosophie : celle du temps, de l'instant, du battement de cœur. Les deux pratiques s'enrichissent mutuellement : la musique contre les écoles philosophiques de son époque, la philosophie contre la " république frénétique " des musiciens professionnels qu'il considérait aussi étrangers à la finesse qu'à la modestie. Son écriture philosophique se construit par variation et fugue, nocturne et rhapsodie, pour penser l'immédiat et l'action, l'irréversibilité du temps, la justice. La musique donne à ses écrits et à sa voix le charme d'une harmonique du discours raffinée et non moins puissante. Bertrand Dermoncourt consacre une introduction détaillée à l'intérêt singulier et fondamental de Jankélévitch pour la musique, qu'il replace dans l'œuvre du philosophe. Pascal Ory offre une préface sensible, fondée sur la relation directe qu'il a entretenue avec Vladimir Jankélévitch. Ce volume contient : quatre études sur de grands compositeurs ( Fauré , Ravel , Debussy , Liszt ) ; les recueils La Musique et les heures , consacré à Satie, Rimski-Korsakov et Chopin, et La Présence lointaine, contenant des textes sur Albeniz, Déodat de Séverac et Mompou ; ainsi que divers articles issus de recueils posthumes, sur Louis Aubert, Manuel de Falla, Joaquin Nin, Béla Bartok et Rachmaninov.