Lecture littéraire et archives du personnage vient clore vingt années de recherches menées dans le cadre du séminaire rémois « Approches interdisciplinaires et internationales de la lecture ». Se dégageant de la bipolarité lecteur-texte, mise en avant par la première théorisation de la lecture littéraire, l'approfondissement mené au fil de deux décennies a exploré, sous la notion expérimentale d’arrière-texte, l’horizon culturel et existentiel dédoublé auquel renvoie la relation littéraire. Le retour à la notion de parole, pensée avec les linguistes comme interaction, redéfinit les contours d’un troisième pôle, absent-présent : l’archive-texte se fait ici trace de l’archive-auteur. Les notions de personnage et de fiction apparaissent à cet égard inséparables du contrat mouvant et révisable passé, grâce à l’artefact textuel, entre les deux parties. Il s’agit aussi, sous la catégorie complexe de parole, de repenser le paradoxal statut du verbe littéraire, dissociant l’oral et l’écrit ou les associant lorsque le discours proféré se fait style. Derrière l’écrit, encore prépondérant dans la littérature contemporaine, se profile ainsi un horizon plus large intégrant les formes orales traditionnelles.