Avec son petit rossignol, il se souvenait d’un hiver particulièrement froid. Il avait neigé, et le soir de Noël, il avait rapproché la table de la grosse cuisinière en fonte et ouvert le soufflet du tirage pour que la chaleur fasse monter quelque peu la température. Ils s’étaient mis tous les deux du même côté, le dos contre la machine à chauffer, comme l’appelait son petit rossignol. Soudain, la lumière vacilla et s’éteignit définitivement. Emilienne, à tâtons, était allée chercher deux grosses bougies qu’ils avaient collées à la stéarine sur de petites assiettes, et ils avaient mangé ainsi leur repas de Noël, il se souvenait, une grosse dinde, même qu’ils en avaient mangé pendant plusieurs jours.Grâce à Mlle Delisle, directrice des affaires sociales en Vendée après guerre, la petite Maria est libérée d’un orphelinat pour être confiée à son grand-père, Dochâgne, celui que tous surnomment Le Chenu, un homme guère facile à vivre… L’enfant réussira-t-elle à apprivoiser son grand-père, lui qui a renié sa propre fille ? Rien n’est moins certain.