Au moment de la conquête espagnole, les dieux du Mexique central s’incarnaient dans des images, des statues, des acteurs rituels et des victimes sacrificielles. Un dieu était créé au moyen de pratiques rituelles consistant à recouvrir une forme anthropomorphe de parures et d’ornements spécifiques à chaque divinité. Si les chercheurs ont souvent été frappés par la fluidité de ces représentations et la porosité de leurs frontières, ce livre démontre que les réseaux de significations obéissent à des principes et des logiques qu’il est possible de découvrir.À l’aide d’une méthode de déchiffrement systématique, les auteurs de ce livre considèrent les dieux comme un code sémantique complexe. Leur approche replace les divinités dans l’ensemble du système de communication graphique du Mexique central, dépassant les catégories habituelles de l’image ou de la matérialité, ainsi que les disciplines de l’anthropologie, de l’histoire de l’art ou de la linguistique. Elle amène à les voir comme un système d’écriture quasi talismanique. Fruit d’une collaboration pluridisciplinaire entre une anthropologue (Danièle Dehouve), une philologue (Katarzyna Mikulska) et un historien des religions (Loïc Vauzelle), l’ouvrage analyse des procédés d’expression tels que la définition par extension ou le code iconique génératif fondé sur la forme, le motif et la couleur.Les auteurs soulignent également la matérialité des signes, car un personnificateur de divinité n’existait qu’en vertu des matériaux qui le composaient, comme les plumes, les pierres précieuses et les végétaux. En explorant la circulation des signes entre l’espace iconographique et l’espace rituel, ce livre montre comment les attributs se constituent en blocs de sens pour mettre en évidence la construction conceptuelle du divin. Cet ouvrage, qui peut se lire comme une introduction aux sociétés du Mexique central, s’adresse à tout public, ainsi qu’aux spécialistes des langages formels et des systèmes de communication graphique.