La montée simultanée de l’extrême-droite et de la conscience écologique conduit à s’interroger sur l’éventualité d’une convergence « vert-brune », aussi qualifiée d’« écofasciste ». Replacés dans les cadres classiques de l’analyse politique, il s’avère pourtant qu’écologisme et fascisme n’ont rien de commun. Quant au rapport au milieu que ces travaux se plaisent à souligner, ils n’éclairent rien en soi, car tout mouvement politique existe dans la biosphère. Parler « d’écologie » ou se soucier « d’écologie » (ou de nature, vie, environnement etc.) ne suffit pas pour être « écologiste », sauf à tout mélanger. La thèse relève donc de l’amalgame, pour des motifs divers que l’ouvrage clarifie. Autrement dit, « l’écofascisme » n’existe pas, en tant que courant politique constitué. S’il y a un risque, c’est celui du fascisme. La polémique soulève toutefois un enjeu crucial : le rapport de la modernité à l’universalisme et à l’émancipation. Deux courants se trouvent confondus à cet égard : le romantisme de gauche, socialiste ou écologiste, et le romantisme de droite, réactionnaire ou protofasciste, incarné notamment par la Nouvelle Droite. Cette polémique révèle en outre que l’histoire de l’humanité n’a peut-être pas été celle de la lutte des classes, mais de l’autonomie contre la hiérarchie. C’est ce qui ressort de la question de l’émancipation prise dans la longue durée, en incluant l’expérience des sociétés non-modernes. L’ouvrage conclut sur quelques suggestions stratégiques.