Un formidable livre sur la vitalité de la jeunesse avec un regard attachant sur la banlieue (93). Sans doute est-ce d'écrire sur ces jours de classe qui me pousse la nuit à me souvenir d'eux, elles et eux sans le vouloir. Il y en a eu des centaines, peut-être des milliers. Malgré tout, il y a aussi tous ces élèves invisibles à qui on enseigne chaque année. Ils se tortillent sur leur chaise, font plus ou moins leurs devoirs, lèvent la main de temps en temps, se mettent à deux ou trois pour faire un exposé et on se rend compte qu'une d'elles tremble en tenant sa feuille. Lire Dominique Fabre, c'est plonger dans le mouvement de la vie, et dans ce livre plus particulièrement dans le monde en ébullition de la jeunesse. Celle, discrète, qui se terre au fond des salles de classe de collège ou de lycée en espérant ne jamais avoir à prendre la parole, celle, révoltée, persuadée que les profs ne comprennent rien et surtout pas eux, celle qui n'a pas le choix et gère au mieux les affaires de famille. Tous ces jeunes gens drôles, désabusés, rêveurs ou silencieux. Et c'est aussi le monde des enseignants, souvent malmenés, observateurs parfois désespérés, parfois émerveillés, mais pas que, et pas toujours, qui accompagnent ce déferlement de coeurs, de vitalité, de violence aussi, d'expériences et de passion. C'est un beau et grand livre de visages entraperçus, côtoyés, aimés.