Cet ouvrage offre un dialogue entre des œuvres de Thilo Westermann (né en 1980), artiste passionné de fleurs et des récits autour de la création de nouvelles variétés, et celles du célèbre Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) que le premier a longuement observé et à qui Joséphine avait commandé un recueil de roses devenu emblématique.Techniquement, Thilo Westermann procède par défaut : il fait émerger le dessin d’un retrait point par point du revêtement de peinture noire appliquée sur une plaque de verre, au moyen d’une pointe à graver. Les petits points sont rendus visibles grâce à une couche de peinture blanche appliquée à la fin du travail de retrait ; ils suggèrent l’espace, la profondeur et l’ombre. Une fois achevée, l‘œuvre est numérisée et agrandie avant d’être imprimée en un seul exemplaire. Dans ce format agrandi, le motif se décompose en ses éléments constitutifs : les points se révèlent comme des éléments appliqués à la main et dévoilent, un à un, le geste créatif de l’artiste et ainsi la genèse de l’œuvre.Cette minutie a un répondant dans l’acuité, la finesse et la délicatesse de Redouté. En montrant des planches utiles à la botanique et des compositions florales des deux espèces, l’ouvrage met en valeur les aspects esthétique et descriptif de l’art du peintre de fleurs belge. Des planches gravées au pointillé de ses productions constituent une autre forme de correspondance avec les œuvres contemporaines. Des peintures de G. van Spaendonck, un temps maître de Redouté, et de J.F. van Dael, ami de Redouté, évoquent la stimulation réciproque entre ces trois peintres de fleurs flamands installés à Paris dès la fin du XVIIIe siècle.