Dans un contexte international marqué par les initiatives coloniales, le présent ouvrage propose une synthèse des activités archéologiques espagnoles dans le nord du Maroc pendant la période du protectorat (1912-1956), en distinguant trois étapes majeures : les premières explorations jusqu’à la pacification complète du territoire en 1927, les prémices scientifiques d’une pratique de terrain (1927-1936) et l’avènement d’une archéologie professionnelle (1939-1956), partagée par les savants français qui œuvrent dans la partie centrale du territoire maghrébin. Les documents d’archives réunis, souvent inédits, provenant de la Bibliothèque nationale d’Espagne et du fonds du musée archéologique de Tétouan, témoignent des conditions de travail, des relations entre les différents archéologues, autant que de leurs interactions avec les pouvoirs publics ou les autorités militaires. Toute cette documentation tend à montrer que le déroulement des travaux a été considérablement influencé par les événements et les décisions politiques, notamment à l’époque du franquisme.