Chroniques de vies oubliées d’un village basque
Vies oubliées d’aïeux, paysans ou notables ruraux qui habitent l’époque où alternent empire, royauté et république. Iharcia, Pitarré, Uthurralt, les noms de leurs maisons fleurent bon l’origine basque ou gasconne en ce territoire des mélanges. Il y a ceux et celles qui restent dans le village ou à sa proximité : pour profiter du nid petit-bourgeois, pour sauvegarder la séculaire etxe, pour faire une carrière dans la ville voisine. Et puis, il y a ceux et celles qui émigrent, pas toujours pour des motivations économiques. Algérie, Guyane, Cuba ou bien Argentine, telles ont été les destinations de ceux et celles partis pour un ailleurs souvent incertain.« …moi, curé de Ascenso de Macuriges, île de Cuba, en ce 4 décembre 1869 certifie que a été donnée la sépulture de Jean-Baptiste Auguste Damestoy, né en France, et demeurant dans cette paroisse. On ignore le nom de son père et mère ; marié on ne dit pas à qui?; on ne sait pas s’il a laissé d’héritier. Il n’a pas fait de testament et n’a pas laissé de biens. Il n’a pas reçu les saints sacrements parce que la maladie dont il est mort ne lui en a pas laissé le temps. Il était âgé de quarante-quatre ans. Et j’ai signé : Luis Marrero ».