Dans ces pensées-poèmes, l’auteure aborde l’ouverture du regard rendue possible par la maladie, après le temps glacé de son annonce brutale. Dans une série de fragments livrés au fil des jours, une voix se fait entendre qui traverse la masse des mots et le blanc des silences ; une voix poétique pour transfigurer l’insoutenable et désamorcer le tragique. Comment dire la maladie ? Comment l’écrire ? Comment dire l’incompréhension ressentie, la solitude, les négociations incessantes des paramètres du quotidien, l’abandon de la vie d’avant et l’omniprésence encombrante du corps puis, des mois plus tard, l’apaisement inattendu dans un consentement éclairé. Savions-nous ÊTRE avant l’accident somatique ? Simplement ÊTRE ? Et si la maladie nous apprenait « une façon de penser l’existence à partir de ce qui craque, de ce qui ne tient plus » (Gilles Deleuze, Abécédaire). Nous enseignait que savoir vivre c’est apprendre à quitter le monde les yeux grands ouverts en laissant derrière soi le sillage d’une lumière purifiée…