Dans Au milieu des vitraux de l'Apocalypse, Paul Claudel propose une lecture suivie du livre biblique de l'Apocalypse a travers une forme dialoguée : un père "cause avec sa fille" autour d'un "grand livre ouvert" et d'une promenade imaginaire "au milieu" d'une cathédrale, comme devant des vitraux. L'ouvrage insiste d'emblée sur une approche qui n'est pas d'abord celle d'un "déchiffrage" scolaire, mais d'une circulation dans le texte, comparée à la visite d'un édifice liturgique, ou les series d'images s'entrecoupent (sceaux, trompettes, visions), comme des perspectives coupées par "la ligne des piliers".Le commentaire avance par développements successifs nourris de citations et de renvois a l'Ecriture (notamment Isaïe et Ezechiel a propos de Tyr, Babylone, Lucifer), avec un effort constant pour relier les figures apocalyptiques a un réseau de motifs bibliques récurrents. L'ouvrage aborde ainsi des themes centraux explicitement traites dans le texte : la symbolique de la "Fin du Monde" et du temps, la place des catastrophes dans l'histoire, la chute de Lucifer, l'image de Babylone, ou encore la question des signes et des chiffres (dont le nombre 666) dans une réflexion sur la "valeur", l'échange et la monnaie.La structure éditoriale mentionnée par les notes distingue plusieurs "cahiers" (deuxieme, troisieme, quatrieme), et le texte se presente aussi comme une "longue lettre" adressant une "chère lectrice", avec une datation explicite : Chateau de Brangues, 23 juillet 1930, puis un explicit signalant une copie "en mer" le 11 aout 1932. En se concentrant sur les images, les correspondances scripturaires et le vocabulaire liturgique, Claudel construit un ouvrage de meditation et de commentaire biblique, situe a la croisee de l'essai en prose et de l'exegese spirituelle, integralement centre sur l'Apocalypse de saint Jean et ses symboles.