Dans "Le Crime d'Orcival", Emile Gaboriau ouvre le récit par une découverte macabre au bord de la Seine, près du domaine de Valfeuillu : Jean Bertaud dit La Ripaille et son fils Philippe, partis pécher a l'aube, aperçoivent le cadavre d'une femme parmi les joncs et la vase. A Orcival, le maire M. Courtois et le juge de paix, le père Plantat, se rendent au chateau du comte et de la comtesse de Tremorel. Dans la maison, le desordre, les vitres brisées et les traces de sang imposent l'idee d'une lutte et d'un crime. L'instruction se met en place (gendarmerie, juge d'instruction, constatations, autopsie), tandis que les soupcons et les récits de village alimentent des pistes contradictoires.Au fil des auditions et des pieces, l'enquête fait apparaitre un passe qui pèse sur la situation des époux Tremorel : l'histoire de Sauvresy (premier mari de Mme de Tremorel) et les consequences d'anciens faits deviennent une cle pour comprendre les mobiles et les silences. Dans ce roman policier du XIXe siecle, Gaboriau met en scene la méthode d'investigation, les indices matériels, les raisonnements et les erreurs possibles. Le personnage de M. Lecoq, agent de la Sureté envoyé par la prefecture, intervient comme technicien de l'enquête et meneur d'operations, en dialogue tendu avec le père Plantat et les magistrats.Le denouement passe par une recherche a Paris, des identifications et des revelations autour du comte de Tremorel, de la "dénonciation" de Sauvresy et du sort d'une jeune fille, Laurence Courtois. Le texte conduit jusqu'à une issue violente : Lecoq tue Tremorel au lieu de l'arrêter, puis organise le retour de Laurence a Orcival. L'epilogue indique la remise en liberte de La Ripaille et de Guespin, et le mariage du père Plantat avec Mlle Laurence Courtois, avant leur depart pour l'Italie.