Au XVIIIe siècle, la dette peut mener en prison. En cas d'impayé, un créancier a la possibilité de faire arrêter son débiteur et de l'enfermer jusqu'au remboursement. Pourquoi lui accorder un tel pouvoir ? Simon Castanié étudie ce recours à l'emprisonnement dans une société où priment la réputation des individus et leur capacité à rembourser en temps et en heure. Alors que le crédit a souvent été lu dans une perspective libérale, comme une ressource ou une chance, ce livre met l'accent sur ses risques. À partir du terrain parisien, l'auteur éclaire les rapports de la société d'Ancien Régime à la dette et propose une histoire sociale de la dépendance économique. De l'arrestation dans les rues de la capitale à la libération, il suit les trajectoires de ces débiteurs, raconte leurs expériences de la prison et restitue les moyens de s'en prémunir ou d'y échapper. Il examine les institutions qui, de la ville à l'État, cherchent à contenir les menaces de déclassement et à préserver certains débiteurs de cette violence potentielle. Du petit artisan au grand noble, tous vivent à crédit, mais tous n'encourent pas les mêmes risques face à la prison. Dès le XVIIe siècle, la dette est un objet explosif.