Après la publication, en deux volumes, des poèmes chrétiens de Dracontius voici le premier des deux tomes consacrés à sa production profane. Après une introduction étudiant les problèmes spécifiques posés par ces reuvres profanes, on trouvera La tragédie d'Oreste et les pièces I- V du recueil auquel on donne traditionnellement le nom de Romulea. L'Orestis tragoedia est une oeuvre étrange : elle résume en quelque 974 hexamètres dactyliques toute la matière de la trilogie d'Eschyle à laquelle elle intègre par surcroît divers épisodes supplémentaires. Rassemblant dans un même cadre des épisodes primitivement indépendants, le récit reproduit les principales péripéties de la trilogie d 'Eschyle: meurtre d 'Agamemnon, matricide d'Oreste, folie du héros, puis guérison et jugement sur l'Aréopage. Quant au Romulea, il s'agit de poèmes profanes empruntés à la tradition païenne, dont les sujets et les genres montrent que le véritable Dracontius ne se trouve pas seulement dans la partie chrétienne de son œuvre.Dracontius n'a pas hésité à rompre la belle ordonnance du récit eschyléen en intercalant de nouveaux épisodes hérités d'autres auteurs antiques comme Virgile ou Hygin. L'Orestis tragoedia Romulea n'ont jamais été édités en France, et seule la première œuvre a été traduite en une langue moderne. Cette édition se fonde sur une relecture des manuscrits existants, associée aux acquis de la critique; depuis les travaux de l'érudition allemande du XIXe siècle jusqu'aux études les plus récentes, comme celle de J .M. Diaz de Bustamante.