« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.[…] Elam, Ninive, Babyloneétaient de beaux noms, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie…ce seraient aussi de beaux noms. Et nous voyons maintenant que l'abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. » C’est par ces mots que s’ouvre La Crise de l’esprit, texte visionnaire rédigé par Paul Valéry il y a à peine plus d’un siècle. Clairvoyant, bouleversant, il agit toujours comme un précipité sur celui qui le lit.