La perte de contrôle de la dette française révèle une crise plus profonde, celle de la démocratie représentative.Depuis cinq décennies, la France accumule déficits et dette publique car un nouveau mode de développement, qui répondrait aux mutations économiques, technologiques et géopolitiques et qui serait capable de soutenir le modèle social issu des Trente Glorieuses, n’a pas émergé.En s’appuyant sur l’histoire de la dette depuis le xixe siècle et sur une comparaison internationale rigoureuse, Robert Boyer et Olivier Boylaud montrent que si la France s’endette sans fin, c’est parce qu’elle n’a plus de récit de développement crédible : la dette sert à acheter du temps, à maintenir la paix sociale, à masquer l’absence de projet collectif.Les auteurs tracent aussi des pistes de sortie : abandonner les dépenses publiques inefficaces, restaurer le calcul économique public, bâtir un nouveau compromis soutenable et surtout, penser l’avenir plutôt que de financer le présent à crédit.Un livre essentiel pour comprendre le poids croissant des marchés financiers sur les choix démocratiques et réfléchir aux conditions d'un retour à la souveraineté budgétaire.