La magie, le charme, l'enchantement, le «chantement», le chant du violon de Jacques Thibaud ont été unanimement reconnus. Le plus grand violoniste français de la première moitié du XXe siècle possédait une sonorité et un style uniques, une chaleur et une tendresse conjuguées, tempérées par une pudeur toute latine. Son public était frappé non seulement par l'élégance, la suavité, le raffinement d'un jeu à facettes, pétillant comme le champagne, mais encore par la grâce, la poésie et l'humanité de l'interprétation. Ces qualités et ces vertus ont profondément marqué la sensibilité d'une époque.Avec Alfred Cortot et Pablo Casals, Jacques Thibaud avait constitué un trio qui n'a pas encore trouvé son équivalent. Des affinités électives, tout autant qu'artistiques, rapprochaient les trois hommes. Leurs enregistrements, brûlants d'énergie et de lyrisme, de dynamisme rythmique, sont aussi des modèles d'équilibre entre de forts et riches tempéraments. A chaque fois, le miracle s'accomplit, aussi bien dans le Premier Trio de Mendelssohn que dans «A l'Archiduc» de Beethoven et dans le Trio en ré mineur de Schumann. Le Concours International Marguerite Long - Jacques Thibaud perpétue les noms de deux grands artistes français tout en mettant en relief de jeunes talents.Peut-être croit-on Jacques Thibaud encore parmi nous, «ce qui dans un sens est vrai», suggère Yehudi Menuhin dans la préface de cet ouvrage, dont le but est de retracer une vie riche et exemplaire, de définir les composantes d'un art exceptionnel, de dresser une liste complète et détaillée des enregistrements discographiques de Jacques Thibaud.Cette biographie-discographie était attendue depuis longtemps comme témoignage et document irremplaçables.